Qui est Silo ?

Mario Luis Rodriguez Cobos (1938-2010), dont la pensée s’est rapidement diffusée sous toutes les latitudes dès les années 1960, est surtout connu sous le pseudonyme Silo.
Il est né à Mendoza, près de la cordillère des Andes en Argentine, et y a vécu avec son épouse et ses deux fils jusqu’à la fin de sa vie.
Penseur et écrivain, il jongle avec les genres : littérature (fiction, prose poétique), philosophie, psychologie et sociologie. Ses thèses, fondées sur l’intentionnalité de la conscience et sur la fonction interne de l’image, s’appliquent à tous les champs de l’activité humaine. Ses idées, traduites dans de nombreuses langues, exercent une influence bien au-delà de l’Amérique latine.
Dans les années 1970, avec la création du Mouvement Humaniste, Silo a initié différents fronts d’action sur diverses problématiques sociales (politique, éducation, art, armement, émigration, etc.), au sein desquels un temps de travail sur soi était organisé de manière hebdomadaire.
Silo ne propose pas un travail de développement personnel pour le mieux-être individuel, mais un travail sur soi au service de l’ensemble et du futur. Selon lui, l’être humain se construit dans son rapport à la société, de même que la société progresse en fonction de l’évolution de chaque être humain.
L’action sociale que nous menons nous transforme ; de même, notre propre transformation change notre manière d’interagir et de nous engager socialement. De ce fait, Silo préconise du travail interne à toute personne désirant faire évoluer la société vers un futur humaniste. Dans ce monde régi par de nombreuses formes de violence (physique, économique, sociale, religieuse, psychologique, sexuelle, raciale), chacun a besoin de réviser régulièrement ses habitudes comportementales, émotionnelles et intellectuelles afin de développer en soi la cohérence, la nonviolence et la non-discrimination. Le travail interne proposé par Silo n’est jamais dé-corrélé de la transformation sociale, même si le bien-être personnel croissant qu’il procure en est une conséquence évidente.
En 1999, Silo lance le projet mondial des Parcs d’Étude et de Réflexion en commençant par le Parc de Punta de Vacas en Argentine dans la Cordillère des Andes, à l’endroit même où il fit, en 1969, sa première intervention publique, connue sous le nom de La guérison de la souffrance. Les Parcs se développent ensuite progressivement dans de nombreux pays.
Construits et entièrement financés par des volontaires, les 50 Parcs actuels sont répartis sur les cinq continents. Ouverts à tous, ils se veulent des refuges permettant à chacun de prendre du recul sur sa vie et sur le monde. Ils disposent notamment d’une Salle blanche et sphérique, dépourvue de toute représentation, conçue comme un espace propice au recueillement et à la réflexion. Les Parcs d’Étude et de Réflexion voient affluer des personnes qui aspirent à un monde non-violent, dans lequel le social ne s’oppose pas à l’individuel et où les religions et les spiritualités ne constituent pas des terrains de discrimination.
En 2002, Silo lance Le Message de Silo, donnant ainsi une dimension spirituelle à sa pensée. L’expression de cette spiritualité est compatible avec les croyances (ou non croyance) de chacun. Libre d’interprétation, ce Message engage à trouver en soi-même un contact profond et sacré pour développer sa propre foi. Déjà traduit en plus de 20 langues, il continue d’être transmis et traduit dans de nouvelles cultures.
Pour sa pensée et son action, Silo a reçu différents prix et marques de reconnaissance dans différents pays.
En octobre 1993, l’Académie des Sciences de Moscou lui a décerné le titre de Docteur honoris causa pour l’ensemble de son œuvre et en particulier pour sa contribution à la psychologie (espace de représentation) et à la psychosociologie (conscience-monde et nouvel humanisme).
Pour son ouvrage Le jour du Lion Ailé, il a reçu en 1997 le premier prix de littérature poétique de l’Institut Italien de Culture de Naples.
Durant la première Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence initiée par Silo, il a été invité au 10e Sommet des Prix Nobel de la Paix à Berlin (11 novembre 2009). Il y a donné une conférence sur La signification de la paix et de la non-violence dans le moment actuel.
